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  • MALI: Ca se chamaille à Bamako et le MNLA prend Kidal !

    mnla-kidal-30-mars-2012.jpgBAMAKO LE 30 MARS 2012 © koaci.com - Le Mali prend t'il l'eau de tous les côtés et se dirige t'on vers la proclamation d'un Etat indépendant et autonome de l'Azawad.

    Alors que la junte se fait remarquer par les tergiversations à Bamako et piétine avec la CEDEAO, le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (Mnla) quant à lui avance et annonce avoir pris le contrôle de Kidal ce vendredi. Dans un communiqué transmis à la rédaction de KOACI.COM ( contact@]koaci.com ) ce vendredi, le MNLA indique "Tôt ce matin (vendredi, ndlr), le MNLA a pris le contrôle de la ville de Kidal, le drapeau de l’Azawad flotte partout dans la ville. La population est sortie pour féliciter la libération de leur ville' .

    Selon nos informations, le CNDRE avait envoyé ce jeudi du renfort à Kidal mais le Mnla a eu raison des militaires de la junte. Une source de la junte jointe ce vendredi matin confirmait à KOACI.COM la déroute de Kidal.

    La junte semble, à bien écouter le ton de nos interlocuteurs, complétement dépassée et impuissante face à l'organisation et la force du Mnla.

    Tout indique qu'après Kidal, les combattants du Mnla vont avancer sur Tombouctou pour ensuite lancer la bataille de Gao, ville garnison dans laquelle se trouve le camp militaire, poste opérationnel de l'armée malienne pour le nord du Mali.

    Rappelons que l'Azawad s'étend de la frontière avec l'Algérie aux trois régions de Gao, Tombouctou et Kidal et que ce dernier a déjà son drapeau, sa constitution, son administration et même toujours selon nos informations, ses pièces d'identités.

    Bon nombre d'observateurs évoquent dans la possibilité d'une création de l'Etat de l'Azawad, un arrangement politique international de l'après Kadhafi .

  • LE CAPITAINE SANOGO : Le Dadis malien ?

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    Depuis le mercredi 21 mars 2012, beaucoup de choses ont changé au Mali. L’acte symbolique de ce chambardement, c’est bien l’émergence d’une junte militaire en lieu et place du pouvoir constitutionnel, qui était incarné par le président Amadou Toumani Touré. A la tête de cette junte, s’affirme progressivement un homme, le capitaine Amadou Haya Sanogo. Un jeune capitaine qui, à plusieurs égards, ne manque pas de rappeler un autre capitaine qui dans des circonstances quasi similaires, s’était imposé au devant de l’actualité en Guinée, il y a un peu plus de trois ans. Il s’agit du capitaine Moussa Dadis Camara qui, à la tête du fameux CNDD, avait succédé au général Lansana Conté, mort le 22 décembre 2008. En plus de leur jeunesse et de leur inexpérience, les deux hommes partagent également beaucoup d’autres choses dont le fait de n’être pas suffisamment connu au sein même de leurs armées respectives. Mais au-delà des hommes qui les conduisent, ce sont même les deux... 0:38 27-3-2012

    Mais au-delà des hommes qui les conduisent, ce sont même les deux coups d’Etat qui ont des points de ressemblance. Ce qui, pour les Maliens, n'est peut-être pas une bonne nouvelle.

    Excepté le fait que Sanogo ait un teint plus foncé que celui de Dadis, les deux chefs de juntes ont beaucoup de traits de ressemblance.

    C’est ainsi que, comme les Guinéens il y a plus de trois ans, les Maliens ont regardé avec une certaine curiosité les premières images montrant le capitaine Amadou Haya Sanogo. Parce que comme Dadis, le chef du Comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l’Etat, CNRDR, n’est pas particulièrement connu de ses compatriotes. Situation d'autant plus compréhensible que le nouvel homme fort n’avait pas exercé de hautes fonctions dans la hiérarchie de l’armée malienne. Sa jeunesse et son grade ne l’y autorisaient peut-être point. Ou peut-être que le népotisme dont on parle aujourd’hui l’en aura empêché. Du coup, il a également en commun avec l’actuel pensionnaire de la résidence Ouaga 2000, l’inexpérience.

    Toutes choses qui se manifestent au travers d’un brin d’agitation et de spontanéité qui caractérise ses premières déclarations. On sent tout de suite qu’on n’a pas affaire à quelqu’un qui était particulièrement préparé à l’exercice de la mission qui est, de fait, la sienne. Motivé et se voulant bien intentionné, le capitaine Sanogo est là aussi sur les traces de son prédécesseur guinéen. Il se veut aussi "sincère". Un terme qui était particulièrement cher au capitaine Dadis.

    Quant aux premières intentions, le capitaine Sanogo indique qu’il n’est pas dans le désir de son équipe de "s’éterniser au pouvoir!". Cette promesse pourrait faire sourire plus d’un. Parce qu’au sommet de sa gloire à la tête du CNDD, le capitaine Dadis n’avait pas dit moins. Mais dans le cas guinéen, le chef de la junte s’était tout de même montré un peu plus précis, quant au délai au bout duquel il rendrait le pouvoir. A cela s’ajoute une dimension un peu plus vague des motivations du coup d’état et de la mission du CNRDR, telles qu’elles ont été énoncées par le capitaine Sanogo.

    Au-delà des ces quelques points identiques chez deux chefs de junte, les observateurs notent que ce sont certaines attitudes que l’on peut déjà remarquer de la part et à l’endroit du CNRDR qui font penser au CNDD. Il s’agit notamment des scènes de pillage qui traduisent le caractère relatif de l’autorité de la nouvelle junte sur l’ensemble de l’armée malienne. Autant Dadis avait une voix de stentor avec des colères légendaires, autant Sanogo avec sa voix éraillé, peine à s'exprimer et inspire pitié !... 

    On a également le fait qu’à l’intérieur du pays, à certains égards les putschistes soient perçus à la fois comme des héros et des sauveurs, alors que de l’extérieur les condamnations les plus fermes pleuvent, les unes après les autres. Mais il faudra tout de même faire remarquer qu’à la différence du CNDD d’il y a quelques années, le CNRDR suscite une certaine hostilité de la part des grandes forces politiques maliennes.  Les partis politiques, associations et autres syndicats exigent son départ immédiat ! 

    Une attitude qui pourrait s’expliquer par la mésaventure qu’avait eue le capitaine Dadis et dans laquelle, il avait failli entrainer la Guinée, alors même qu’il avait été applaudi des deux mains par les forces politiques et sociales guinéennes à son avènement. Décidément, le passé peut servir à quelque chose !  

  • Le capitaine Amadou Sanogo à la tête du Mali : Les frontières fermées, ATT à Bamako

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    Des soldats mutinés ont annoncé jeudi avoir fermé toutes les frontières après avoir renversé le président malien Amadou Toumani Touré qui, selon son entourage, était dans un camp militaire à Bamako, avec des hommes d'élite de la garde présidentielle. De nombreuses condamnations ont suivi le coup de force dans ce ce pays du Sahel (Afrique de l'Ouest) vaste comme près de deux fois la France, qui devait organiser le 29 avril une élection présidentielle en dépit d'une rébellion touareg meurtrière déclenchée mi-janvier.

     

    "Le président est bien à Bamako, il n'est pas dans une ambassade. Il est dans un camp militaire d'où il dirige le commandement", a affirmé à l'AFP une source militaire loyaliste, ce qu'a confirmé un membre de l'entourage de M. Touré, en précisant qu'il était avec des Bérets rouges de sa garde présidentielle.
    Plus tôt, un autre responsable militaire loyaliste avait dit à l'AFP: "le président va bien, il est en lieu sûr" avec certains ministres, sans plus de détails.

    Jeudi vers 04H00 (locales et GMT), des militaires en uniforme sont apparus à la télévision nationale qu'ils occupaient depuis mercredi, après une mutinerie partie de Kita, ville-garnison à 15 km de la capitale, qui a gagné Bamako, puis Koulouba (près de Bamako) où se trouve le siège du palais présidentiel. La révolte a gagné Gao, (nord-est), siège d'un commandement de l'armée contre la rébellion où des chefs militaires loyalistes étaient détenus.

    Les soldats mutinés ont annoncé avoir "fin au régime incompétent" du président Touré, décrété la dissolution de "toutes les institutions" ainsi qu'un couvre-feu, pour une durée non précisée. Les frontières du Mali ont été fermées "jusqu'à nouvel ordre", et les fonctionnaires ont été invités à rependre le travail le mardi 27 mars à partir de 07H30 (locales et GMT), sous peine d'être considérés comme en "abandon de poste", ont-ils affirmé jeudi dans la journée.

    L'aéroport de Bamako a été fermé, et les vols sont annulés jusqu'à nouvel ordre, de source aéroportuaire.
    Ce putsch intervient après plus de deux mois de guerre contre des rebelles touareg dans le nord du Mali, vaste zone déjà en proie aux activités de groupes islamistes armés incluant Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et de divers trafiquants.
    Le régime de Touré a dû gérer ces dernières semaines la colère au front, de soldats sous-équipés face à des adversaires lourdement armés, appuyés par des islamistes, mais aussi au sein de leurs familles, qui critiquaient sa réaction molle et l'absence des nouvelles de leurs, dont certains ont été exécutés.

    Le bilan de cette guerre, lourd pour les deux camps, est difficile à établir de sources indépendantes. Le conflit a poussé près de 200.000 personnes à se déplacer à l'intérieur du Mali ou dans des pays voisins.
    Le lieutenant Amadou Konaré, porte-parole des mutins qui ont formé un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE), a dénoncé "l'incapacité" du gouvernement "à gérer la crise" dans le Nord.

    Les putschistes s'engagent à "restaurer le pouvoir" civil et à mettre en place un gouvernement d'union nationale.
    Depuis mercredi soir, des tirs de sommation sont sporadiquement entendus à Bamako, où la circulation était très fluide, selon un journaliste de l'AFP et des témoins. Des ministres africains des Affaires étrangères qui s'étaient rendus à Bamako pour une rencontre sur la sécurité dans le Sahel, étaient bloqués dans leur hôtel.
    Condamnations internationales

    Le coup d'Etat militaire a mis fin à un processus électoral qui prévoyait la présidentielle, un référendum constitutionnel et des législatives. Amadou Toumani Touré -élu en 2000 et réélu en 2007- devait céder son fauteuil, conformément à la Constitution qui lui autorisait au maximum deux mandats consécutifs de cinq ans.
    L'unique formation de l'opposition représentée à l'Assemblée nationale malienne, le parti Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi), a été le seul à se prononcer sur le putsch, qu'il a salué. Son président, Oumar Mariko, s'est déclaré prêt à rejoindre un gouvernement d'union nationale proposé par les putschistes.

    Mais l'annonce du renversement du pouvoir a suscité une vague de condamnations et d'appels au rétablissement de l'ordre constitutionnel à l'étranger: Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Union africaine, France, Algérie, Etats-Unis, Union européenne (UE), ONU et Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Union africaine (UA), Afrique du Sud, Nigeria, organisation de la Conférence islamique (OCI), notamment.

    La France a décidé de suspendre "toutes ses coopérations régaliennes avec le Mali", a demandé le respect de l'intégrité physique du président Touré et la libération des personnes détenues. Son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a souhaité des élections "le plus vite possible".
    Pour Jean Ping, président de la Commission de l'UA, le putsch "constitue un sérieux recul pour le Mali et pour les processus démocratiques en cours sur le continent". Le chef de l'OCI s'en est dit "profondément choqué". Le président nigérien Goodluck Jonathan a parlé d'"un revers" pour la démocratie en Afrique.

    L'Algérie a exprimé sa "grande préoccupation", l'UE a réclamé le retour de l'ordre constitutionnel et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé à une résolution pacifique des "doléances".
    Les Etats-Unis ont demandé "le retour immédiat de l'ordre constitutionnel au Mali, dont l'autorité pleine et entière du pouvoir civil sur les forces armées, et au respect des institutions et traditions démocratiques du pays".

  • Nord du Mali: rebelles touareg et islamistes ont pris la ville de Kidal

    kidalvuair.jpgBAMAKO - Les rebelles touareg et les groupes islamistes armés qui menaient un assaut sur Kidal, dans le nord-est du Mali, ont pris vendredi cette ville stratégique, a-t-on appris auprès de témoins. Les rebelles maîtrisent la situation, l'armée n'a pas résisté, a affirmé un enseignant joint par l'AFP à Kidal. Hier ils ont lancé leur offensive, ça s'est arrêté vers 20H00 (locales et GMT), et ils ont repris ce matin et maîtrisé les deux camps militaires, a-t-il ajouté.

    Les gens d'Iyad (Ag Ghaly, chef du groupe armé islamiste Ansar Dine) sont entrés dans la ville, ils nous ont dit +circulez, n'ayez pas peur+. Ils disent aux civils +Allah Akbar+ et nous répondons +Allah Akbar+ (Dieu est grand), a raconté un autre fonctionnaire.

    Selon une source diplomatique africaine interrogée par l'AFP, c'est essentiellement le groupe Ansar Dine d'Iyad Ag Ghaly appuyé par des combattants d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) qui vient de prendre le contrôle de la ville de Kidal.

    Le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), le grand groupe rebelle touareg, et Ansar Dine, dont le chef est natif de Kidal, prenaient la ville en étau depuis plusieurs jours.

    Le MNLA, qui affiche une position laïque, ne partage pas les objectifs d'Ansar Dine (défenseur de l'islam, en arabe), qui vise l'instauration de la charia (loi islamique) et a des liens avec Aqmi, mais les deux groupes combattent parfois ensemble l'armée malienne.

    Le nord du Mali subit depuis la mi-janvier une vaste offensive des rebelles touareg et de groupes islamistes, qui ont réussi à prendre plusieurs villes.

    La junte au pouvoir depuis le coup d'Etat militaire qui a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré a invoqué l'échec du régime contre la rébellion pour justifier son putsch.

  • Mali: Amadou Sanogo, obscur capitaine devenu chef de la junte

    Le capitaine malien Amadou Haya Sanogo est sorti de l'ombre à la faveur du putsch de jeudi qui l'a installé comme chef de la junte, mais il avait été sanctionné l'an dernier avec certains de ses camarades putschistes après un bizutage meurtrier.

    Agé d'une quarantaine d'années, natif de Ségou (240 km au nord-est de Bamako), le tombeur du président Amadou Toumani Touré (ATT) est un produit du Prytanée militaire de Kati, école à une quinzaine de kilomètres au nord de la capitale, et dont le camp est désormais le quartier général du nouveau pouvoir.

    L'officier de taille moyenne et à la voix rauque, dont la télévision publique ORTM (tenue par les putschistes) a révélé la silhouette sportive, a été vu ces derniers jours vêtu d'un maillot de corps comme en portent les chasseurs traditionnels «dozos »: ce vêtement est censé être doté de pouvoirs magiques qui protègent celui qui le porte.

    Populaire parmi les hommes de Kati, à qui il dispensait des cours d'anglais, l'homme au béret vert a accroché un badge des Marines américains à son uniforme, rappel de ses séjours aux Etats-Unis.

    Son cursus a en effet une particularité, qui n'a toutefois pas empêché Washington de rapidement condamner le renversement du régime Touré: il a raconté avoir participé à plusieurs programmes de formation aux Etats-Unis, entre autres à la base des Marines de Quantico, en Virginie (est).

    Selon la presse américaine, qui cite le Département d'Etat, le capitaine Sanogo a effectué des séjours aux Etats-Unis en 2004-2005, 2007-2008 et en 2010, notamment pour être formé comme professeur d'anglais.

    Il a également assisté à des réunions militaires internationales, notamment une au Maroc sur l'antiterrorisme.

    Part d'ombre du capitaine: son parcours a été marqué par un bizutage mortel survenu en octobre 2011 à l'école militaire de Koulikoro, près de Bamako. Cinq élèves-officiers étaient morts à la suite de sévices.

    «Bande d'aigris »

    Le chef de la junte était à l'époque instructeur à Koulikoro, a raconté un cadre de l'école. Il n'était pas là «le jour où les faits se sont passés, mais puisque tout le personnel d'encadrement a été sanctionné après l'affaire, Sanogo aussi a été sanctionné ».

    Dans son entourage figurent trois militaires faisant l'objet d'une procédure judiciaire dans cette affaire, indique une source diplomatique africaine.

    La crise touareg au Nord, invoquée comme raison du putsch, «est une excuse bidon, c'est une bande d'aigris », affirme un militaire malien hors du pays depuis 2011.

    Le capitaine Sanogo et ses camarades «vont essayer de régler des comptes. Tous ceux qui peuvent entraver son pouvoir, il va demander de les arrêter. Ca a déjà commencé », assure un militaire pro-ATT.

    Les personnalités qui l'ont rencontré depuis sa prise du pouvoir le décrivent souvent comme «attentif » aux propos de ses interlocuteurs. Mais un diplomate estime qu'il ne prend pas de décision seul, préférant consulter ses proches.

    Pour l'heure, le chef du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE, junte) n'en a guère dit sur ses intentions, à part s'engager à remettre le pays sur les rails et à rendre le pouvoir aux civils.

    Un de ses collègues raconte en tout cas l'avoir entendu dire un jour que s'il devait faire de la politique, il serait «un homme de gauche ».

    Plusieurs fois père, fan de foot et de sport en général, il est présenté comme «pas sérieux » par des militaires qui l'ont côtoyé, et par des copains de promotion comme un séducteur et un fêtard.